Comme chaque samedi, les baladins d'Aywaille se retrouvent dans le local à 14.30
heures.
Que de joie de retrouver les copains après une semaine d'école, pour jouer
ensemble.
"Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, Epagneul ?" demande Romain à une de ses
animatrices.
"Rassemblement" crie Fennec.
Les baladins courent dans la pelouse en rigolant.
"Vite, vite les baladins, on vous attend, on vous attend. Vite vite, vite les
baladins, c'est le rassemblement. Les baladins se donnent toujours la main, ils
apprenent à vivre ensemble tout le long du chemin."
"Baladins tous co ...pains" crient-ils tous ensemble.
"Je parie qu'on va faire un jeu dans les bois" s'exclame Salomé.
"Et non, les amis !! Nous avons reçu une mission secrète de la police d'Aywaille
qui a besoin de notre aide" Explique Ouistiti.
"Ouah, super, Waouh, oufti ..." s'écrient les baladins.
Si oui, rendez-vous chaque samedi de 14.30 heures à 17.30 heures, à l'école des
soeurs à Aywaille.
Pour les papas et les mamans en manque d'inspiration ... Quelques petites
histoires à raconter le soir avant de dormir.



Le coffre à trésors
Youpie I Encore une semaine d’école qui vient de se terminer ! Youpie ! Gribou,
Pistache et Boulon vont avoir un peu de temps pour aller saluer Poly et
Craquelin. Hélas, aujourd’hui, il pleut. Et pas un petit peu : on pourrait
prendre sa douche tout nu dehors si on voulait !
C’est facile de voir que le temps est triste : devant la roulotte de Craquelin,
tout est calme. Même le feu s’est éteint.
- Pourvu qu’ils soient là, dit Gribou.
- Tu parles, j’ai fort envie d’entendre de nouvelles histoires, renchérit
Pistache.
- Craquelin, il paraît qu’il en connaît plein, assure Boulon.
Nos trois amis frappent à la porte.
La porte s’ouvre : gling gloug paf boum chlong ... des dizaines de choses
dégringolent les escaliers de la roulotte. Des papiers, des bricolages, des
livres, des perruques, des pinceaux, des sachets de sol, de mi et de ré majeur,
des ballons, des raviolis, une demi-guitare ! Et une caisse de sonnettes de
vélo ... que Gribou reçoit sur la tête : dring dring drelin drelon !
Craquelin est vraiment très ennuyé !
- Oh, quel malheur malheureux ! bredouille-t-il. J'ai ramassé tellement de
choses que j’aime pendant tous mes voyages que quand il pleut, je n'arrive plus
à tout faire tenir dans la roulotte !
Poly renchérit:
- C’est incroyable tout ce qu’on peut ramasser, fabriquer et garder de chouette
sur cette terre !
Pistache voudrait les aider.
- Je vais tout mettre dans cette armoire, dit-elle.
- N00000N, crie Craquelin en se précipitant.
Trop tard ! Pistache et Gribou ont ouvert la porte de la petite armoire qui se
trouve en dessous des couchettes : glong glung spoc plath iiii boum ! Des
dizaines de nouveaux objets font la culbute. La dégringolade dure plus de trois
minutes !
Poly, évidemment, se tord de rire :
- Hi hi hi tout est sur son pet ! rigole-t-il.
Craquelin se demande comment il va pouvoir ranger tout ça ! Il n’a pas envie de
jeter quoi que ce soit ! Tout lui rappelle des moments très heureux !
Tout le monde s’y met pour tout ramasser et tout mettre sur la table de la
roulotte.
Vous voulez savoir tout ce qu’il y a ? Accrochez-vous, c’est parti !
Il y a les jeux de cartes pour faire les châteaux.
Il y a des tableaux avec des feuilles mortes.
Il y a la trompette que Jumbouf l’éléphant avait offert à Poly lors d’un voyage
en pays des Patapouf.
Il y a des photos de nombreuses villes traversées.
II y a le jeu de fléchettes et les plans des différents pays.
II y a l’oreiller qui brosse les dents la nuit.
Il y a des dizaines de cartes d’anniversaire.
II y a aussi ... une drôle de machine, pleine de ressorts, avec un grand pot au
milieu.
- Ca c’est ma dernière invention, dit Craquelin ... La machine à pop- corn ! Je
dois encore faire quelques réglages parce que pour le moment, elle ne fabrique
que des sucettes en caoutchouc.
- Wouah, extra ! s’écrie Boulon en la voyant ! Moi, un jour, je
fabriquerai une machine à Barbapapa, un peu comme la tienne, fait-il.
Bon, mais comment ranger tout ça ?
- On pourrait commencer par trier ce qui est à Craquelin et ce qui est à Poly, ce
serait déjà ça, propose Gribou.
- Et puis, continue Pistache, tous les souvenirs, tous les bricolages que
chacun de vous a faits, il faudrait les ranger ! Ce serait bête de les abîmer.
Vous y tenez tellement !
- Et si on construisait un coffre à trésors, lance Boulon. Chacun pourrait
y conserver précieusement ses affaires !
Bonne idée ! Aussitôt, avec de vieilles caisses en carton, des couleurs et du
papier, ils fabriquent des coffres à trésors. Il y en aura un pour Craquelin,
un pour Poly et un pour chacun des trois copains Baladins. Pistache décore le
sien avec des coquillages tandis que Gribou fabrique des poignées tout
argentées !
- Ca c’est génial, dit Boulon. Justement, ce matin, maman n’était pas très
contente à cause des superbes cailloux que J’avais laissés dans ma poche après
la dernière réunion des Baladins. Je pourrai les mettre dans mon coffre à
trésors maintenant.
Voilà, tout s’arrange : la roulotte de Craquelin et de Poly est bien rangée et
chacun pourra garder ses affaires.
- Maintenant, on pourra aller regarder de temps en temps nos chouettes souvenirs,
dit encore Gribou. Craquelin n’a pas une seconde à perdre : il prend sa guitare
et commence à inventer une chanson sur le coffre à trésors.
Dans mon coffre à trésors
Moi je mets ce que j’adore
Dans mon coffre à trésors
Ce que j’adore mais encore
Ah, il ne pleut plus ! C’est souvent comme ça quand on se met à chanter avec les
copains : tout va mieux !

La malle à friandises
Aujourd’hui, Gribou a décidé d’explorer un peu plus le grenier de la maison. II
faut dire qu’avec la lampe de poche que lui a offerte Tonton Fredo, il y verra
enfin clair. Il y en a des choses sous le toit de la maison !
- Tiens, mon ancienne poussette, remarque Gribou. Je croyais qu’elle était
plus grande.
- Et ici, le vieil ordinateur à pétrole de papa !
- Oh, mais là, au milieu de la pièce, il y a, mais oui, il y a une magnifique
malle en bois, couverte de poussière. Qu’y a-t-il dedans ?
Gribou téléphone à Boulon pour qu’il vienne voir. Son copain gare sa trottinette
dans la cour, fait un gros bisou à la maman de Gribou et rejoint celui-ci au
grenier.
- Tu avais raison de m‘appeler, elle est superbe cette malle ! s’exclame
Boulon. Mais qu‘est qu'il y a dedans ?
- Je ne sais pas, je n ‘ai pas réussi à l’ouvrir, dit Gribou, un peu
désolé.
- Alors, c'est sûrement un trésor ! assure Boulon.
Gribou n’y croit pas trop : d’ailleurs, ses parents ne lui en ont jamais parlé !
- Je pense plutôt que c’est rempli de jouets, de déguisements, de livres, de
crayons magiques et de dizaines de gommes à la fraise !
- C’est vrai, ça sent un peu la fraise, renchérit Boulon en reniflant.
- Bon assez discuté, déclare Gribou. Viens, il faut qu’on aille le montrer
à Craquelin et à Poly ! Peut-être que eux, ils arriveront à I’ouvrir. Mais
comment allons-nous faire pour la transporter ?
- Sais pas, répond Boulon. Sais pas.
Pourtant Gribou voit bien que son ami est en train de réfléchir très fort,
bientôt, c’est sûr, ça va se mettre à fumer au-dessus de sa tête ! Alors Gribou
va ouvrir la fenêtre pour aérer à l’avance. C’est à ce moment précis que Boulon
s’écrie tout à coup :
- Bingo binga max ! J’ai trouvé, mon gars.
Boulon a en effet aperçu dans le grenier une vieille paire de skis. II déniche
aussi un vieux paquet de corde dans un coin, un bout de tuyau, et, enfin, un
rétroviseur de cuistax.
Les deux copains mettent la malle sur les skis, puis ils l'attachent avec un
morceau de corde. Comme ça, ils peuvent descendre les escaliers sans problème.
Une fois dehors, devant la maison, Boulon attache la malle sur skis au vélo de
Gribou. Enfin, il fixe le tuyau derrière pour faire le pot d’échappement.
- Voilà, on peut y aller, dit-il, toi tu conduis le vélo, jusque chez
Craquelin, et moi, je m'assieds sur la malle et je tiens le rétroviseur pour
voir s’il n’y a personne derrière.
Les voilà partis, à fond la caisse ! L’équipage produit un vacarme terrible. En
quelques secondes, ils atteignent la roulotte de leurs amis. Craquelin et Poly
sortent à toute vitesse pour voir ce qui se passe.
- Regardez, regardez ce qu’on a trouvé ! crient les deux copains.
Craquelin, même s’il n’a plus tout à fait sept ans, court voir. Ce coffre
l’intrigue réellement, et puis, il est si content de revoir ses amis Baladins !
II essaie d’ouvrir la malle avec une longue planche, mais rien à faire, il n'y
arrive pas. Puis il réessaie avec l'aide de Gribou et Boulon, toujours pas.
Enfin, Pistache, qui jouait avec Craquelin depuis le matin, leur apporte aussi
son aide, sans plus de résultat. C’est ennuyeux !
- Hé ! Poly, où te caches-tu ? Viens donc nous aider, ce n‘est pas le moment de
nous abandonner ! crie alors Craquelin.
- Allons, allons ! Moi je peux y arriver tout seul ! répond calmement
Poly, en sortant de la roulotte. Tout le monde se retire pour le laisser
passer, même si personne ne croit vraiment qu’il va y arriver ! Ce n’est pas
possible, il a sûrement fait une blague ! Mais pourtant, le poney essaie ...
que fait-il ? Il ne tente pas de soulever le couvercle, il chipote à quelque
chose … Ah, voilà, c’est ça ! Avec un petit fil de fer dans la serrure, il
essaie d’ouvrir la malle qui était fermée à clef... Clic clic, clac,
clictingclic... dong... BOIIIIING ! ! ! ! ! Le couvercle de la malle saute en
l’air comme s’il avait été monté sur des ressorts !
- Bravo Poly, crie Pistache en lui faisant un gros bisou dans le cou.
Tandis que Poly, les oreilles un peu rouges, s’en est allé savourer quelques
feuilles de menthe, Gribou, Boulon, Pistache et Craquelin se ruent au-dessus du
coffre, pour voir ce qu’il contient, et là, surprise ! ! !
Rien ! Rien du tout ! A part une petite araignée qui court au fond de la malle.
Nos amis sont assez déçus ! Pistache essaie bien de les réconforter :
- Ce n’est pas si grave, la malle est toujours aussi belle, il suffirait de la
refermer, et vous pourriez de nouveau imaginer ce que vous voulez !
Visiblement, elle n’a pas convaincu.
Elle a une autre idée :
- On pourrait choisir tous ensemble ce qu’on mettrait dedans !
Les autres ne répondent toujours rien.
- Bon, boudez si vous voulez, continue-t-elle, moi Je vais la rendre toute
propre.
Et elle se met à nettoyer la malle qui reprend des couleurs à chaque coup
d’éponge !
- Génial, avoue Craquelin. Je la mettrais bien dans ma roulotte, elle est
magnifique !
- Enfin ! Tu n’as plus de place dans ta roulotte, ricane gentiment Poly. Depuis
qu'on a construit nos coffres à trésors, tu as encore inventé plein de nouveaux
bricolages, il en a partout, on ne sait plus où les mettre. Je serai même
obligé de dormir dehors si ça continue !
Craquelin est bien embêté.
- Si tu n’as pas de place, on pourrait l’amener au local des Baladins,
dit Boulon.
- Mais oui, poursuit Poly, vous pourriez mettre tous vos jeux dedans ! De
quoi dessiner, des ballons, des légos et tout ce que vous aimez !
- Oui, super, dit Gribou. Comme ça, chaque fois qu’on s'embête et qu'on
veut faire un jeu, il suffit d'ouvrir le coffre et d’en prendre un !
- Par exemple, quand la réunion commence et qu’il faut attendre tout le inonde,
explique Pistache. Ou bien pendant le camp, après la douche par exemple : chacun
pourrait jouer à ce qu’il veut.
- On peut même faire un petit sac avec tout des noms de jeux dedans, et quand on
n’a rien à faire, on tire au sort et comme ça, chaque fois, on a une surprise,
propose Gribou.
- Oh oui, c’est super notre idée ! disent-ils tous en choeur.
Et les cinq copains se mettent, tout contents, au travail pour rendre la malle
encore plus belle. Et en travaillant, ils sont tellement de bonne humeur qu’ils
chantent avec Poly. Craquelin lui, pense tout haut :
- En fait, c’est un peu comme une boîte à bonbons. Quand on s’embête un peu, on
en prend un dans la boîte, et c'est si bon !
- Alors on va l'appeler la malle à friandises ! dit Poly, qui se sent un
poète en cet après-midi.
Et tout le monde trouve le nom succulent.
- On va en parler aux autres Baladins lors de prochaine réunion, dit
Gribou.
- Et on décidera tous ensemble ce qu’on y met, ajoute Pistache.
Finalement, c'est encore mieux qu’un vrai trésor, une malle vide ! Gribou et les
autres attendent maintenant avec impatience la prochaine réunion des Baladins !
Vive la malle à friandises !

Le noeud dans le mouchoir
Ah non, vraiment, Boulon n’est pas content aujourd’hui. Comment ses deux
meilleurs amis peuvent-ils lui faire ça ? Tout en les suivant pour aller chez
Craquelin, il râle loin derrière en shootant dans les cailloux et en marmonnant
entre ses dents. A la récréation, tout à l’heure, Gribou et Pistache lui ont
dit qu’ils ne voulaient pas jouer avec lui avec son nouveau cerf-volant. C’est
vrai que jusqu’ici, il n’arrive pas à le faire voler. Ce n’est pas une raison
pour se moquer de ce qu’il fabrique et pour ne même pas essayer une nouvelle
fois ! Si on rate, ce n’est pas grave, c’est pourtant pas la gêne ! Ah non, il
n’est vraiment pas très content, Boulon aujourd’hui.
Il fait assez chaud, le soleil brille fort dans un ciel sans nuage. Nos trois
amis arrivent enfin près de la roulotte de Craquelin Lalune et de Poly : ils
vont enfin pouvoir se reposer. Le poney est tranquillement assis devant un
verre de limonade fraîche qu’il boit lentement avec une paille verte et jaune.
On entend ssjjjjluuurrrrp, ssjjjjluuurrrrp !
Craquelin, lui, est assis un peu plus loin. Il remet de nouvelles cordes à sa
guitare. Ses anciennes cordes étaient tellement vieilles qu’elles lui ont sauté
hier soir à la figure, en faisant un grand ddjooiing !
- Bonjour ! dit Craquelin sans relever la tête et en serrant très fort la
dernière corde.
II est tellement appliqué qu’il passe sa langue sur le côté de sa bouche. Ouf,
la corde tient bien. Il a chaud Craquelin ! Alors, il sort son mouchoir pour
essuyer son front tout en sueur. C’est un très beau mouchoir, dans lequel il y
a un gros noeud... Tiens, bizarre, il le remet en poche et en prend un autre
... Évidemment, Gribou veut en savoir plus :
- C’est quoi ce beau mouchoir avec un gros noeud que tu ne veux pas salir ?
demande-t-il.
- Oh, c’est une très longue histoire, répond Craquelin. Je ne vais pas
vous la raconter, je suis sûr qu’elle vous embêterait !
- NNOOOOOOOON, crient en choeur Gribou, Pistache et Poly
- UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE ! insistent-ils
à tue-tète.
Boulon se tait toujours mais ses yeux brillent : il est évident qu’il a envie de
l’histoire lui aussi.
Pour que ce soit plus gai encore, Poly leur sert à chacun un grand verre de
limonade fraîche. Puis ils s’installent à l’ombre d’un grand arbre et ouvrent
toutes grandes leurs deux oreilles pour écouter Craquelin et son histoire de
mouchoir noué :
A l’époque, commence Craquelin, je voyageais dans un pays très lointain, au-delà
de la mer. La route était longue jusqu’à la prochaine ville. Poly n’était pas
très bavard ce jour-là. Je commençais à m’ennuyer un peu. A l’approche d’un
carrefour entre plusieurs chemins, j’aperçus un petit homme qui me faisait de
grands signes avec son mouchoir. II voulait simplement me demander de l’emmener
avec la roulotte jusqu’à la prochaine ville.
- Montez donc, le voyage sera plus gai à trois !
Le petit homme me raconta sa vie. Il était marchand de pommes d’amour et de
barbapapa. II se rendait à la ville pour essayer une nouvelle machine, capable,
disait-on, de napper les barbapapa d’une délicieuse sauce au caramel, au
ketchup et à la liqueur de limace. II parlait très vite, rythmant les phrases
avec de grands gestes avec ses mains. Au bout d’une heure, il finit par
s’endormir. Mais à cause d’une bosse dans le chemin, il se réveilla en sursaut.
- Oufti petit Jésus, j'ai très faim ! s’exclama-t-il en se frottant le
ventre.
Il sortit de son petit sac une énorme tartine et un énorme pot de choco. Il
tenta de tartiner sa tranche de pain. Oh mes amis, quelle catastrophe ! Il en
mettait partout ! Sur ses manches, dans son cou, sur sa figure. Seule la
tartine restait blanche.
- Pas facile, dit-il ! Mais bon, on ne m’a jamais vraiment appris,
continua-t-il, comme pour s’excuser.
Poly avait pris dans sa réserve à rires celui qui semblait le plus dingo
possible ! Hi, hi, hi, hihihi… J’avais envie de rire aussi. Je finis par
proposer au petit homme de lui apprendre à faire ses tartines dès que nous
serions installés dans la ville.
Le voyage continua. Tous les trois, nous parlions d’à peu près tout. La ville
fut enfin sous nos yeux. Une grande fête venait de commencer. J’y retrouvai de
nombreux amis Zanzibar, Gédéon et Pètamoul. A chaque repas, le petit homme
continuait à se maquiller partout.
- Je t’apprendrai tantôt, c’est promis, lui redis-je.
Mais à chaque fois, c’est vrai, j’oubliais, fort occupé avec mes amis, à parler
à l’un, à chanter avec l’autre. Un jour passa, un deuxième puis un troisième.
Le petit homme s’impatientait. Il finit par s’en aller la nuit sans prévenir. Le
lendemain matin, je ne retrouvai de lui qu’une seule chose : son mouchoir,
celui qu’il avait agité au moment de notre rencontre, au carrefour des chemins.
Mais figurez-vous qu’au moment où je voulus le ramasser, le mouchoir émit un
long sifflement et se noua. Tout seul. Poly n’en croyait pas ses yeux ! Un
mouchoir qui se noue tout seul !
Poly et moi, nous sommes encore restés trois autres jours dans cette ville. Je
m’amusais beaucoup tous les amis que j’avais retrouvés : Zanzibar, Gédéon et
Pètamoul. Le troisième soir, après une longue danse, je voulus m’éponger le
front. Je ne trouvai dans ma poche que le mouchoir avec le gros nœud. Pas
pratique pour s’essuyer le front. J’essayai donc de dénouer le mouchoir. Pas
possible, carrément impossible même ! Pètamoul me dit alors : " Tu avais
vraiment peur d’oublier quelque chose d’important pour avoir fait un si gros
noeud dans ton mouchoir ! "
Alors, tout à coup, je compris et je me rappelai ma promesse au petit homme !
Vite, où pouvait-il être parti ? Je le cherchai pendant plus de trois heures.
Finalement, Poly l’aperçut près d’une fontaine. Il tentait une nouvelle fois de
se débarbouiller. Je lui expliquai par trois fois comment se servir du couteau
et comment mettre le choco sur le pain plutôt que partout ailleurs. Lorsque la
leçon fut terminée, je sortis le mouchoir de ma poche pour le rendre au petit
homme. A ce moment, un doux sifflement se fit entendre : le mouchoir fit trois
tours sur lui-même et se dénoua. Tout seul.
- Garde-le, fit l’homme, c’est pratique pour se rappeler quelque chose !
J’ai parlé dans toute la ville du truc du mouchoir à mes copains, Zanzibar,
Gédéon et Pètamoul et bientôt, chacun eut son mouchoir, prêt à y faire un
noeud. J’ai gardé celui du petit homme depuis ce temps-là. Je fais souvent un
noeud dedans, quand j’ai envie de faire un petit quelque chose pour aider
quelqu’un et que je ne veux pas l'oublier.
- C’est vraiment cool comme histoire, dit Gribou, moi aussi j'aimerais
avoir un mouchoir comme ça !
- Si vous voulez, j'ai des morceaux de tissu dans ma roulotte…, propose
Craquelin.
- Oui, génial ! crie Pistache. Vite, on va se faire un super mouchoir ! On
va avoir un mouchoir-e ! On va avoir un mouchoir-e ! …
Boulon est content aussi de pouvoir fabriquer un mouchoir un peu magique. Mais
il a toujours l’air un peu triste. Poly, qui l’observe depuis quelque temps l’a
remarqué. Il va trouver les deux compères, Gribou et Pistache :
- Dites les p'tits gars, Boulon, il n’a pas l'air en forme. Peut-être que vous
pourriez faire quelque chose ?
Gribou et Pistache se regardent.
- O.K. Poly, message reçu, dit Gribou en faisant un clin d’oeil à
Pistache.
Le Poney s’éloigne pour les laisser réfléchir tranquillement.
- C’est vrai, dit Pistache, on peut déjà faire un noeud dans notre
mouchoir, demain matin, on invitera Boulon à venir essayer son nouveau
cerf-volant dans le jardin derrière l’école.
- Ça marchera peut-être, il suffit d’essayer plusieurs fois, ajoute
Gribou.