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Unité 2002

Les scouts d'Aywaille: pour devenir quelqu'un avec les autres
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Les baladins

Comme chaque samedi, les baladins d'Aywaille se retrouvent dans le local à 14.30 heures.

Que de joie de retrouver les copains après une semaine d'école, pour jouer ensemble.

"Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, Epagneul ?" demande Romain à une de ses animatrices.

"Aujourd'hui, nous allons accueillir des nouveaux baladins."

"Chouette !!! De nouveaux copains !!!"

"Rassemblement" crie Fennec.

Les baladins courent dans la pelouse en rigolant.

"Vite, vite les baladins, on vous attend, on vous attend. Vite vite, vite les baladins, c'est le rassemblement. Les baladins se donnent toujours la main, ils apprenent à vivre ensemble tout le long du chemin."

"Baladins tous co ...pains" crient-ils tous ensemble.

"Je parie qu'on va faire un jeu dans les bois" s'exclame Salomé.

"Non, crie Sandro, on va faire un foot."

"Et non, les amis !! Nous avons reçu une mission secrète de la police d'Aywaille qui a besoin de notre aide" Explique Ouistiti.

"Ouah, super, Waouh, oufti ..." s'écrient les baladins.

Voulez-vous découvrir avec les baladins, cette mission secrète ?

Si oui, rendez-vous chaque samedi de 14.30 heures à 17.30 heures, à l'école des soeurs à Aywaille.


La légende des Balladins

Pour les papas et les mamans en manque d'inspiration ... Quelques petites histoires à raconter le soir avant de dormir.

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Le coffre à trésors

Youpie I Encore une semaine d’école qui vient de se terminer ! Youpie ! Gribou, Pistache et Boulon vont avoir un peu de temps pour aller saluer Poly et Craquelin. Hélas, aujourd’hui, il pleut. Et pas un petit peu : on pourrait prendre sa douche tout nu dehors si on voulait !

C’est facile de voir que le temps est triste : devant la roulotte de Craquelin, tout est calme. Même le feu s’est éteint.

- Pourvu qu’ils soient là, dit Gribou.

- Tu parles, j’ai fort envie d’entendre de nouvelles histoires, renchérit Pistache.

- Craquelin, il paraît qu’il en connaît plein, assure Boulon.

Nos trois amis frappent à la porte.

La porte s’ouvre : gling gloug paf boum chlong ... des dizaines de choses dégringolent les escaliers de la roulotte. Des papiers, des bricolages, des livres, des perruques, des pinceaux, des sachets de sol, de mi et de ré majeur, des ballons, des raviolis, une demi-guitare ! Et une caisse de sonnettes de vélo ... que Gribou reçoit sur la tête : dring dring drelin drelon !

Craquelin est vraiment très ennuyé !

- Oh, quel malheur malheureux ! bredouille-t-il. J'ai ramassé tellement de choses que j’aime pendant tous mes voyages que quand il pleut, je n'arrive plus à tout faire tenir dans la roulotte !

Poly renchérit:

- C’est incroyable tout ce qu’on peut ramasser, fabriquer et garder de chouette sur cette terre !

Pistache voudrait les aider.

- Je vais tout mettre dans cette armoire, dit-elle.

- N00000N, crie Craquelin en se précipitant.

Trop tard ! Pistache et Gribou ont ouvert la porte de la petite armoire qui se trouve en dessous des couchettes : glong glung spoc plath iiii boum ! Des dizaines de nouveaux objets font la culbute. La dégringolade dure plus de trois minutes !

Poly, évidemment, se tord de rire :

- Hi hi hi tout est sur son pet ! rigole-t-il.

Craquelin se demande comment il va pouvoir ranger tout ça ! Il n’a pas envie de jeter quoi que ce soit ! Tout lui rappelle des moments très heureux !

Tout le monde s’y met pour tout ramasser et tout mettre sur la table de la roulotte.

Vous voulez savoir tout ce qu’il y a ? Accrochez-vous, c’est parti !

Il y a les jeux de cartes pour faire les châteaux.

Il y a des tableaux avec des feuilles mortes.

Il y a la trompette que Jumbouf l’éléphant avait offert à Poly lors d’un voyage en pays des Patapouf.

Il y a des photos de nombreuses villes traversées.

II y a le jeu de fléchettes et les plans des différents pays.

II y a l’oreiller qui brosse les dents la nuit.

Il y a des dizaines de cartes d’anniversaire.

II y a aussi ... une drôle de machine, pleine de ressorts, avec un grand pot au milieu.

- Ca c’est ma dernière invention, dit Craquelin ... La machine à pop- corn ! Je dois encore faire quelques réglages parce que pour le moment, elle ne fabrique que des sucettes en caoutchouc.

- Wouah, extra ! s’écrie Boulon en la voyant ! Moi, un jour, je fabriquerai une machine à Barbapapa, un peu comme la tienne, fait-il.

Bon, mais comment ranger tout ça ?

- On pourrait commencer par trier ce qui est à Craquelin et ce qui est à Poly, ce serait déjà ça, propose Gribou.

- Et puis, continue Pistache, tous les souvenirs, tous les bricolages que chacun de vous a faits, il faudrait les ranger ! Ce serait bête de les abîmer. Vous y tenez tellement !

- Et si on construisait un coffre à trésors, lance Boulon. Chacun pourrait y conserver précieusement ses affaires !

Bonne idée ! Aussitôt, avec de vieilles caisses en carton, des couleurs et du papier, ils fabriquent des coffres à trésors. Il y en aura un pour Craquelin, un pour Poly et un pour chacun des trois copains Baladins. Pistache décore le sien avec des coquillages tandis que Gribou fabrique des poignées tout argentées !

- Ca c’est génial, dit Boulon. Justement, ce matin, maman n’était pas très contente à cause des superbes cailloux que J’avais laissés dans ma poche après la dernière réunion des Baladins. Je pourrai les mettre dans mon coffre à trésors maintenant.

Voilà, tout s’arrange : la roulotte de Craquelin et de Poly est bien rangée et chacun pourra garder ses affaires.

- Maintenant, on pourra aller regarder de temps en temps nos chouettes souvenirs, dit encore Gribou. Craquelin n’a pas une seconde à perdre : il prend sa guitare et commence à inventer une chanson sur le coffre à trésors.

Dans mon coffre à trésors
Moi je mets ce que j’adore
Dans mon coffre à trésors
Ce que j’adore mais encore

Ah, il ne pleut plus ! C’est souvent comme ça quand on se met à chanter avec les copains : tout va mieux !

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La malle à friandises

Aujourd’hui, Gribou a décidé d’explorer un peu plus le grenier de la maison. II faut dire qu’avec la lampe de poche que lui a offerte Tonton Fredo, il y verra enfin clair. Il y en a des choses sous le toit de la maison !

- Tiens, mon ancienne poussette, remarque Gribou. Je croyais qu’elle était plus grande.

- Et ici, le vieil ordinateur à pétrole de papa !

- Oh, mais là, au milieu de la pièce, il y a, mais oui, il y a une magnifique malle en bois, couverte de poussière. Qu’y a-t-il dedans ?

Gribou téléphone à Boulon pour qu’il vienne voir. Son copain gare sa trottinette dans la cour, fait un gros bisou à la maman de Gribou et rejoint celui-ci au grenier.

- Tu avais raison de m‘appeler, elle est superbe cette malle ! s’exclame Boulon. Mais qu‘est qu'il y a dedans ?

- Je ne sais pas, je n ‘ai pas réussi à l’ouvrir, dit Gribou, un peu désolé.

- Alors, c'est sûrement un trésor ! assure Boulon.

Gribou n’y croit pas trop : d’ailleurs, ses parents ne lui en ont jamais parlé !

- Je pense plutôt que c’est rempli de jouets, de déguisements, de livres, de crayons magiques et de dizaines de gommes à la fraise !

- C’est vrai, ça sent un peu la fraise, renchérit Boulon en reniflant.

- Bon assez discuté, déclare Gribou. Viens, il faut qu’on aille le montrer à Craquelin et à Poly ! Peut-être que eux, ils arriveront à I’ouvrir. Mais comment allons-nous faire pour la transporter ?

- Sais pas, répond Boulon. Sais pas.

Pourtant Gribou voit bien que son ami est en train de réfléchir très fort, bientôt, c’est sûr, ça va se mettre à fumer au-dessus de sa tête ! Alors Gribou va ouvrir la fenêtre pour aérer à l’avance. C’est à ce moment précis que Boulon s’écrie tout à coup :

- Bingo binga max ! J’ai trouvé, mon gars.

Boulon a en effet aperçu dans le grenier une vieille paire de skis. II déniche aussi un vieux paquet de corde dans un coin, un bout de tuyau, et, enfin, un rétroviseur de cuistax.
Les deux copains mettent la malle sur les skis, puis ils l'attachent avec un morceau de corde. Comme ça, ils peuvent descendre les escaliers sans problème. Une fois dehors, devant la maison, Boulon attache la malle sur skis au vélo de Gribou. Enfin, il fixe le tuyau derrière pour faire le pot d’échappement.

- Voilà, on peut y aller, dit-il, toi tu conduis le vélo, jusque chez Craquelin, et moi, je m'assieds sur la malle et je tiens le rétroviseur pour voir s’il n’y a personne derrière.

Les voilà partis, à fond la caisse ! L’équipage produit un vacarme terrible. En quelques secondes, ils atteignent la roulotte de leurs amis. Craquelin et Poly sortent à toute vitesse pour voir ce qui se passe.

- Regardez, regardez ce qu’on a trouvé ! crient les deux copains.

Craquelin, même s’il n’a plus tout à fait sept ans, court voir. Ce coffre l’intrigue réellement, et puis, il est si content de revoir ses amis Baladins !

II essaie d’ouvrir la malle avec une longue planche, mais rien à faire, il n'y arrive pas. Puis il réessaie avec l'aide de Gribou et Boulon, toujours pas. Enfin, Pistache, qui jouait avec Craquelin depuis le matin, leur apporte aussi son aide, sans plus de résultat. C’est ennuyeux !

- Hé ! Poly, où te caches-tu ? Viens donc nous aider, ce n‘est pas le moment de nous abandonner ! crie alors Craquelin.

- Allons, allons ! Moi je peux y arriver tout seul ! répond calmement Poly, en sortant de la roulotte. Tout le monde se retire pour le laisser passer, même si personne ne croit vraiment qu’il va y arriver ! Ce n’est pas possible, il a sûrement fait une blague ! Mais pourtant, le poney essaie ... que fait-il ? Il ne tente pas de soulever le couvercle, il chipote à quelque chose … Ah, voilà, c’est ça ! Avec un petit fil de fer dans la serrure, il essaie d’ouvrir la malle qui était fermée à clef... Clic clic, clac, clictingclic... dong... BOIIIIING ! ! ! ! ! Le couvercle de la malle saute en l’air comme s’il avait été monté sur des ressorts !

- Bravo Poly, crie Pistache en lui faisant un gros bisou dans le cou.

Tandis que Poly, les oreilles un peu rouges, s’en est allé savourer quelques feuilles de menthe, Gribou, Boulon, Pistache et Craquelin se ruent au-dessus du coffre, pour voir ce qu’il contient, et là, surprise ! ! !
Rien ! Rien du tout ! A part une petite araignée qui court au fond de la malle. Nos amis sont assez déçus ! Pistache essaie bien de les réconforter :

- Ce n’est pas si grave, la malle est toujours aussi belle, il suffirait de la refermer, et vous pourriez de nouveau imaginer ce que vous voulez !

Visiblement, elle n’a pas convaincu.

Elle a une autre idée :

- On pourrait choisir tous ensemble ce qu’on mettrait dedans !

Les autres ne répondent toujours rien.

- Bon, boudez si vous voulez, continue-t-elle, moi Je vais la rendre toute propre.

Et elle se met à nettoyer la malle qui reprend des couleurs à chaque coup d’éponge !

- Génial, avoue Craquelin. Je la mettrais bien dans ma roulotte, elle est magnifique !

- Enfin ! Tu n’as plus de place dans ta roulotte, ricane gentiment Poly. Depuis qu'on a construit nos coffres à trésors, tu as encore inventé plein de nouveaux bricolages, il en a partout, on ne sait plus où les mettre. Je serai même obligé de dormir dehors si ça continue !

Craquelin est bien embêté.

- Si tu n’as pas de place, on pourrait l’amener au local des Baladins, dit Boulon.

- Mais oui, poursuit Poly, vous pourriez mettre tous vos jeux dedans ! De quoi dessiner, des ballons, des légos et tout ce que vous aimez !

- Oui, super, dit Gribou. Comme ça, chaque fois qu’on s'embête et qu'on veut faire un jeu, il suffit d'ouvrir le coffre et d’en prendre un !

- Par exemple, quand la réunion commence et qu’il faut attendre tout le inonde, explique Pistache. Ou bien pendant le camp, après la douche par exemple : chacun pourrait jouer à ce qu’il veut.

- On peut même faire un petit sac avec tout des noms de jeux dedans, et quand on n’a rien à faire, on tire au sort et comme ça, chaque fois, on a une surprise, propose Gribou.

- Oh oui, c’est super notre idée ! disent-ils tous en choeur.

Et les cinq copains se mettent, tout contents, au travail pour rendre la malle encore plus belle. Et en travaillant, ils sont tellement de bonne humeur qu’ils chantent avec Poly. Craquelin lui, pense tout haut :

- En fait, c’est un peu comme une boîte à bonbons. Quand on s’embête un peu, on en prend un dans la boîte, et c'est si bon !

- Alors on va l'appeler la malle à friandises ! dit Poly, qui se sent un poète en cet après-midi.

Et tout le monde trouve le nom succulent.

- On va en parler aux autres Baladins lors de prochaine réunion, dit Gribou.

- Et on décidera tous ensemble ce qu’on y met, ajoute Pistache.

Finalement, c'est encore mieux qu’un vrai trésor, une malle vide ! Gribou et les autres attendent maintenant avec impatience la prochaine réunion des Baladins ! Vive la malle à friandises !

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Le noeud dans le mouchoir

Ah non, vraiment, Boulon n’est pas content aujourd’hui. Comment ses deux meilleurs amis peuvent-ils lui faire ça ? Tout en les suivant pour aller chez Craquelin, il râle loin derrière en shootant dans les cailloux et en marmonnant entre ses dents. A la récréation, tout à l’heure, Gribou et Pistache lui ont dit qu’ils ne voulaient pas jouer avec lui avec son nouveau cerf-volant. C’est vrai que jusqu’ici, il n’arrive pas à le faire voler. Ce n’est pas une raison pour se moquer de ce qu’il fabrique et pour ne même pas essayer une nouvelle fois ! Si on rate, ce n’est pas grave, c’est pourtant pas la gêne ! Ah non, il n’est vraiment pas très content, Boulon aujourd’hui.

Il fait assez chaud, le soleil brille fort dans un ciel sans nuage. Nos trois amis arrivent enfin près de la roulotte de Craquelin Lalune et de Poly : ils vont enfin pouvoir se reposer. Le poney est tranquillement assis devant un verre de limonade fraîche qu’il boit lentement avec une paille verte et jaune. On entend ssjjjjluuurrrrp, ssjjjjluuurrrrp !

Craquelin, lui, est assis un peu plus loin. Il remet de nouvelles cordes à sa guitare. Ses anciennes cordes étaient tellement vieilles qu’elles lui ont sauté hier soir à la figure, en faisant un grand ddjooiing !

- Bonjour ! dit Craquelin sans relever la tête et en serrant très fort la dernière corde.

II est tellement appliqué qu’il passe sa langue sur le côté de sa bouche. Ouf, la corde tient bien. Il a chaud Craquelin ! Alors, il sort son mouchoir pour essuyer son front tout en sueur. C’est un très beau mouchoir, dans lequel il y a un gros noeud... Tiens, bizarre, il le remet en poche et en prend un autre ... Évidemment, Gribou veut en savoir plus :

- C’est quoi ce beau mouchoir avec un gros noeud que tu ne veux pas salir ? demande-t-il.

- Oh, c’est une très longue histoire, répond Craquelin. Je ne vais pas vous la raconter, je suis sûr qu’elle vous embêterait !

- NNOOOOOOOON, crient en choeur Gribou, Pistache et Poly

- UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE ! insistent-ils à tue-tète.

Boulon se tait toujours mais ses yeux brillent : il est évident qu’il a envie de l’histoire lui aussi.

Pour que ce soit plus gai encore, Poly leur sert à chacun un grand verre de limonade fraîche. Puis ils s’installent à l’ombre d’un grand arbre et ouvrent toutes grandes leurs deux oreilles pour écouter Craquelin et son histoire de mouchoir noué :

A l’époque, commence Craquelin, je voyageais dans un pays très lointain, au-delà de la mer. La route était longue jusqu’à la prochaine ville. Poly n’était pas très bavard ce jour-là. Je commençais à m’ennuyer un peu. A l’approche d’un carrefour entre plusieurs chemins, j’aperçus un petit homme qui me faisait de grands signes avec son mouchoir. II voulait simplement me demander de l’emmener avec la roulotte jusqu’à la prochaine ville.

- Montez donc, le voyage sera plus gai à trois !

Le petit homme me raconta sa vie. Il était marchand de pommes d’amour et de barbapapa. II se rendait à la ville pour essayer une nouvelle machine, capable, disait-on, de napper les barbapapa d’une délicieuse sauce au caramel, au ketchup et à la liqueur de limace. II parlait très vite, rythmant les phrases avec de grands gestes avec ses mains. Au bout d’une heure, il finit par s’endormir. Mais à cause d’une bosse dans le chemin, il se réveilla en sursaut.

- Oufti petit Jésus, j'ai très faim ! s’exclama-t-il en se frottant le ventre.

Il sortit de son petit sac une énorme tartine et un énorme pot de choco. Il tenta de tartiner sa tranche de pain. Oh mes amis, quelle catastrophe ! Il en mettait partout ! Sur ses manches, dans son cou, sur sa figure. Seule la tartine restait blanche.

- Pas facile, dit-il ! Mais bon, on ne m’a jamais vraiment appris, continua-t-il, comme pour s’excuser.

Poly avait pris dans sa réserve à rires celui qui semblait le plus dingo possible ! Hi, hi, hi, hihihi… J’avais envie de rire aussi. Je finis par proposer au petit homme de lui apprendre à faire ses tartines dès que nous serions installés dans la ville.

Le voyage continua. Tous les trois, nous parlions d’à peu près tout. La ville fut enfin sous nos yeux. Une grande fête venait de commencer. J’y retrouvai de nombreux amis Zanzibar, Gédéon et Pètamoul. A chaque repas, le petit homme continuait à se maquiller partout.

- Je t’apprendrai tantôt, c’est promis, lui redis-je.

Mais à chaque fois, c’est vrai, j’oubliais, fort occupé avec mes amis, à parler à l’un, à chanter avec l’autre. Un jour passa, un deuxième puis un troisième.

Le petit homme s’impatientait. Il finit par s’en aller la nuit sans prévenir. Le lendemain matin, je ne retrouvai de lui qu’une seule chose : son mouchoir, celui qu’il avait agité au moment de notre rencontre, au carrefour des chemins. Mais figurez-vous qu’au moment où je voulus le ramasser, le mouchoir émit un long sifflement et se noua. Tout seul. Poly n’en croyait pas ses yeux ! Un mouchoir qui se noue tout seul !

Poly et moi, nous sommes encore restés trois autres jours dans cette ville. Je m’amusais beaucoup tous les amis que j’avais retrouvés : Zanzibar, Gédéon et Pètamoul. Le troisième soir, après une longue danse, je voulus m’éponger le front. Je ne trouvai dans ma poche que le mouchoir avec le gros nœud. Pas pratique pour s’essuyer le front. J’essayai donc de dénouer le mouchoir. Pas possible, carrément impossible même ! Pètamoul me dit alors : " Tu avais vraiment peur d’oublier quelque chose d’important pour avoir fait un si gros noeud dans ton mouchoir ! "

Alors, tout à coup, je compris et je me rappelai ma promesse au petit homme ! Vite, où pouvait-il être parti ? Je le cherchai pendant plus de trois heures. Finalement, Poly l’aperçut près d’une fontaine. Il tentait une nouvelle fois de se débarbouiller. Je lui expliquai par trois fois comment se servir du couteau et comment mettre le choco sur le pain plutôt que partout ailleurs. Lorsque la leçon fut terminée, je sortis le mouchoir de ma poche pour le rendre au petit homme. A ce moment, un doux sifflement se fit entendre : le mouchoir fit trois tours sur lui-même et se dénoua. Tout seul.

- Garde-le, fit l’homme, c’est pratique pour se rappeler quelque chose !

J’ai parlé dans toute la ville du truc du mouchoir à mes copains, Zanzibar, Gédéon et Pètamoul et bientôt, chacun eut son mouchoir, prêt à y faire un noeud. J’ai gardé celui du petit homme depuis ce temps-là. Je fais souvent un noeud dedans, quand j’ai envie de faire un petit quelque chose pour aider quelqu’un et que je ne veux pas l'oublier.

- C’est vraiment cool comme histoire, dit Gribou, moi aussi j'aimerais avoir un mouchoir comme ça !

- Si vous voulez, j'ai des morceaux de tissu dans ma roulotte…, propose Craquelin.

- Oui, génial ! crie Pistache. Vite, on va se faire un super mouchoir ! On va avoir un mouchoir-e ! On va avoir un mouchoir-e ! …

Boulon est content aussi de pouvoir fabriquer un mouchoir un peu magique. Mais il a toujours l’air un peu triste. Poly, qui l’observe depuis quelque temps l’a remarqué. Il va trouver les deux compères, Gribou et Pistache :

- Dites les p'tits gars, Boulon, il n’a pas l'air en forme. Peut-être que vous pourriez faire quelque chose ?

Gribou et Pistache se regardent.

- O.K. Poly, message reçu, dit Gribou en faisant un clin d’oeil à Pistache.

Le Poney s’éloigne pour les laisser réfléchir tranquillement.

- C’est vrai, dit Pistache, on peut déjà faire un noeud dans notre mouchoir, demain matin, on invitera Boulon à venir essayer son nouveau cerf-volant dans le jardin derrière l’école.

- Ça marchera peut-être, il suffit d’essayer plusieurs fois, ajoute Gribou.